Le Braquet Club Cycliste présente
Les Essentiels P-É 2025
L’endroit est rocailleux, des collines s’y érigent comme des murs sur lesquels l’érosion dessine des sillons qui décomptent les années. Les structures encore existantes dépeignent l’abandon de ces vastes terrains par l’homme. Lentement, la nature y revient, d’abord rampant entre le gravier, puis, de résilientes plantes tendent leurs tiges vers les airs pour y attraper quelques rayons. Les herbes épousent le relief des rochers et des haldes. Ce qui était un plan industrialisé et dénudé se transforme en steppes au travers desquelles la nature tente d’y replacer ses couleurs.
Le cycliste y passe, anonymement, l’esprit vagabondant entre son coup de pédale et sa pensée. Regardant au-devant, les colosses de roches et les tons froids de leurs minéraux semblent se refermer sur lui. Pourtant, en levant encore les yeux, des branches en fleurs et de longues herbes dansant sous les bourrasques l’invitent à s’aventurer encore davantage dans ce paradoxal désert. La route monte pour toucher l’azur du ciel et redescend aussitôt dans des creux discrets l’abritant du vent, puis elle tourne et remonte à nouveau. Celle-ci garde ce rythme tant et si bien qu’on croirait pédaler sur la surface houleuse de la mer. Au creux de ces sillons, le chemin de terre contourne des étangs tantôt turquoise tantôt argenté comme si ceux-ci donnaient la réplique à la trame du ciel.
